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elle ne cesse de reproduire!!
#1
bonjour
Mistinguette qui est en a connu de "grandes maltraitances physiques et sexuelles" durant les cinq premières années de sa vie, ne cesse de reproduire depuis quelques temps...elle a eu ses régles en aout pour la première fois (12 ans) et depuis c'est de plus en plus souvent qu'elle cherche a reproduire sur les autres...a travers divers jeux qu'elle invente divers scénarios elle en vient a faire du mal aux plus petits (elle les soulève et les lache de sa hauteurs) les pousse mais dit que c'est accidentels, cherche a avoir des raprochements qui dépassent le simple calin...on voit bien quand elle y pense, elle se déconnecte de l'instant présent, les yeux se révulse un peu elle n'entend plus ce qu'on dit...et en effet un moment plus tard passe a l'action...quand on la stoppe dans son acte, elle devient dans un tel etat de colère qu'il nous ait trés dur de la calmer.. le lendemain, elle s'escuse, reconnait qu'elle va trop loin, elle m'explique qu'elle pense tout le temps a ce qu'elle a subit, et qu'elle ressent le besoin de faire du mal...ou dépasser les limites dans les raprochements aux autres...je ne sais plus comment faire...je lui avais proposé de venir m'en parler quand elle sent qu'elle va dépasser les limites mais elle n'y pense pas...elle est bien sur suivie (psy, hopital de jour) depuis toujours...sa référente me dit que ses l'ages ou les hormones s'activent et que cela doit se ressentir plus fortement chez elle...mais je m'inquiéte car j'ai deux petits (fille et garçons en ce moment et je dois la surveiller comme le lait sur le feu) elle surveille pour voir si je la vois quand elle calcule un nouveau scénario et ca commence a me fatiquer je me suis couchée en larme telement démunie face a ce comportement (que je comprends) je l'aime beaucoup mais ma patience a eu ses limites et je sens que je vais m'énerver trés fortement donc hier soir les nerfs ont lachés...vous avez connu une telle situation? j'avais déja rencontré cela en 20 ans de métiers mais avec elle je suis a bout et j'ai l'impression que mon travail de 5 année n'a servi qu'a peu de chose...je présice que son affaire a été classé sans suite ce qui n'arrange rien, elle n'a plus de contact avec sa famille....
bon dimanche a tous!!
#2
Oui Cosette , j’ai connu cette situation et malheureusement, je n’ai eu d’autre choix que de mettre fin à l’accueil ....moi aussi , j’ai le sentiment de ne rien avoir changé dans la vie de ce jeune abusé ...abuseur
Pourtant , 10 ans de travail acharné , un portage haute catégorie, un étayage hors norme avec des prises en charge médicales adaptées, un traitement à chaque fois réajusté...
Beaucoup de dialogue , j’ai parlé parfois jusqu’à 1 heure du matin avec lui , pour calmer ses angoisses , ses pulsions ....il repensait à ce qu’il avait subi ...ça lui prenait la tête ...il se mettait en danger , petait les plombs souvent ...
A l’âge de 12 ans , avec l’adolescence qui a frappé à sa porte , cela a été la descente aux enfers chez moi.
J’avais peur tout le temps qu’il fasse du mal aux plus jeunes , à mes filles ou à moi .
Il a posé des actes envers moi que je ne peux citer ici mais qui était annonciateur d’un futur drame familial
Je ne pouvais pas fermer les yeux .
J’ai mis fin à son accueil , j’avais épuisé toute mon énergie , la boîte à outil était vide.
J’étais fatiguée d’être sur le qui vive , de guetter son faciès , comme la tienne, ça se voyait quand il pensait des trucs malsains ....si je ne le laissais pas faire , il faisait mine de se jeter sous les roues d’une voiture quand on se baladait , des choses comme ça .
Le psychiatre qui le suit m’a expliqué que ces enfants là étaient « condamnés » en quelques sortes , que la blessure était inscrite corporellement....c’était indélébile et qu’à lage de l’adolescence, à moins de ne pas avoir d’autres accueils , je ne pourrais rien faire de plus .
Alors j’ai lâché . C’est un drame pour lui, mais c’était invivable et dangereux pour les 2 autres plus petits.
Depuis son départ , je revis professionnellement. J’aurais dû le faire avant , vers ses 11 ans , quand ses troubles ont empiré...
Mais j’y tenais à cet enfant , je n’acceptais pas l’idée d’abandonner ....aujourd’hui, j’ai un autre regard sur la situation ...
Quel courage j’ai eu ! Quel travail j’ai fait !
Je n’ai plus aucun regret ni amertume ....
On ne peut pas tout . Le psychiatre m’a dit que de le garder serait hors de mes compétences et que de toute façon, il faudrait sacrifier les membres de ma famille élargie

Voilà mon expérience est ce qu’elle est mais d’après les expériences des autres collègues , mon histoire est banale dans la profession et cruellement récurrente ....

Si tu la garde , tu vas t’épuiser , elle ne changera pas , tout va prendre de l’ampleur avec les premiers emois sexuelles bien légitime à cet âge là mais qui prennent des dimensions inadaptées avec ces enfants abusés .

Bon courage et revient nous donner de tes nouvelles Cosette . Tu vis un truc pas facile .
#3
je rejoins, tout à fait, les propos de Clari.

On s'implique, beaucoup trop, il y a des séquelles et des blessures qui ne se refermeront jamais.

Cette période d'adolescence les bouleversent et surtout, chose étrange, leur fait perdre tous leurs repères.
Un pédo-psychiatre m'expliquait que c'est comme une remise à zéro du cerveau qu'il faut , alors, reconditionner comme un disque dur.

Sauf que les violences et maltraitances, elles, restent bien ancrées chez eux.

Non Clari ce n'est pas une expérience banale. Il me semble que l'on doit communiquer sur ces situations.

Vigilance et prudence extrême.
#4
Je me suis mal exprimée , je voulais dire expérience courante ....qui arrive souvent dans les familles d’accueil au moment de l’adolescence chez les enfants abusés/abuseur précoces .
Banal non, courante oui .
Pour ce qui est de communiquer là dessus , moi j’ai été vraiment entendue et soutenue par le service .
Le jeune lui a été réorienté , il va mal et je constate (plusieurs fugues pour revenir chez nous) que la nouvelle structure est aussi impuissante que moi....
Ils sont dépassés par ses troubles , ils galèrent carrément .
Ce que je constate aussi c’est que nous famille d’accueil , quand nous sommes au bout de ce qu’on peut apporter à l’enfant , on passe le relais mais ce relais ne peut pas tout, lui non plus ...donc le jeune reste dans sa souffrance , dans sa détresse ...il s’illusionne sur ce qu’il a vécu avant ...
Bref , on croit que c’est fini mais pas vraiment
Enfin, c’est mon constat .
Ce n’est absolument pas simple à vivre .
#5
Cosette je comprends ton désarroi même si je ne suis pas passé par une situation similaire.

Le parcours de Clari peut vraiment t'aider je pense.
Cependant si tu n'es pas prête à lâcher l'affaire avec cet enfant, je pense que tu pourrais au moins voir pour un relais de temps en temps.

En réunion cette semaine on a entendu que certains départements envisageaient des relais ou l'internat (quand c'est possible) pour éviter une nouvelle rupture à l'enfant.
C'est à réfléchir.

Bon courage !!!


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