Note de ce sujet :
  • Moyenne : 0 (0 vote(s))
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Dites moi si c’est moi qui déraille...
#1
Bonjour à tous

J’ai besoin d’évoquer avec vous, professionnels comme moi, une situation que je vis actuellement car je pense que le service est deconnant mais je voudrais des avis extérieurs...
je vais tenter d’être le plus précise possible en faisant toutefois attention à certains détails qui pourraient me valoir d’être reconnue...

J’accueille depuis 5 ans une petite fille de 8 ans, déficiente, issue d’une fratrie de 7 enfants. Les parents eux aussi déficients, et les enfants quasiment tous dans le même schéma. Toutefois la « mienne » est la seule à être prise en charge en IME.

Depuis plusieurs mois, les enfants déraillent complètement : énurésie et encopresie nocturne et diurne pour moi et la collègue qui accueille l’un des plus grand. Promenades nocturnes ponctuées de hurlements, coups dans les murs, claquages de portes pour réveiller toute la maison ici aussi. Dernièrement je me suis rendue compte qu’en plus de devenir bien difficile à table « j’en ai pas envie de manger ça! », la gamine se relève la nuit pr se servir en bonbons chocolats et autres gâteaux et vider le stock de jus de fruits, ce qui a forcément une incidence sur le pipi au lit vs vs en doutez bien.

On a eu il y a quelques semaines une grosse réunion avec toutes les collègues : il en ressort que l’une d’elle a entendu l’un des enfants dire au ses frères et sœurs qu’il fallait faire le plus de bordel possible pour d’obtenir des DVH chez la maman. Droits qu’ils ont par ailleurs obtenu, renforçant le fait qu’ils pensent avoir gagné qq chose de par leurs bêtises. Ce qui renforce donc forcément les soucis chez nous, car les gamins ont en tête d’obtenir toujours plus en faisant des bêtises toujours plus grosses.

Celle que j’accueille a un gros problème de place dans la fratrie : clairement la plus déficiente elle est mise de côté par les frères et sœurs et les parents. L’educ a donc décidé de la faire aller chez sa mère seule, sans les autres enfants, pour un moment privilège. J’ai validé la démarche. Et hier, en la cherchant, j’apprends, de la bouche de la maman (!!!), que l’un des grands est chez elle car la collègue a pété les plombs et est en arrêt. Donc durant 2 semaines, le gamin est chez elle, ce qui d’une part compromet le fait que la petite sera seule avec sa maman, mais en plus confirme au gamin qu’il a obtenu l’effet recherché, à savoir ns faire peter les plombs pr être plus chez le parent!

2 questions du coup : il n’y a que moi que ça choque qu’un gamin placé soit mis chez ses parents le temps de l’arrêt de son assfam, plutôt que chez une collègue??? S’il est placé j’estime qu’il y a devoir de protection de la part de l’ASE, la juge accorde des hébergements PONCTUELS. Là, on parle de 2 semaines complètes minimum. La maman s’est mise en arrêt avec l’aval du service pour pouvoir accueillir le gamin. Mais s’il est placé, sa place n’est elle pas chez une collègue ou dans un foyer??? Quel est l’intérêt d’un placement ici???

La 2e : le gamin demandé aux autres de faire le bordel pr plis de droits chez maman : on lui explique que ça ne marche pas comme ça, mais finalement on fait l’inverse de ce qu’on lui dit : « non tu n’iras pas plus chez maman malgré ton comportement », et au final, avec l’arrêt de la collègue, on le met chez sa mère, pour lui le lien est vite fait. Du coup, il est encore plus dans la demande face aux autres de se comporter toujours plus mal. Il se vante aussi des droits qu’il a et que les autres n’ont pas, afin de les inciter à surenchérir les mauvais comportements. Quand on remonte Ca au service, on est accusés de coller une étiquette au gamin (le pauvre rendez vs compte). Dernièrement alors que nous lui faisions la remarque que nous étions tous conscients des enjeux de son comportement, il a fait appeler le service par sa mère pour faire un cinéma d’enfer, pleurant à chaudes larmes qu’il n’avait jamais tenu de tels propos, ce qui a valu à 3 d’entre nous une belle remontée de bretelles car « il est perturbé, arrêtez de le stigmatiser, il n’a pas dit ça », alors même que cela a été remonté en reunion et que l’educ l’a bien entendu.

Enfin, j’ai le souci avec la petite : je lui annonce qu’elle va profiter d’un temps seule à seule avec sa mère après plus d’un an sans hébergement, et j’apprends, même pas de la part du service, qu’en fait il n’en sera rien. 2 choses : d’une part la gamine ne va plus croire ve que je lui dis, et vu les difficultés actuelles on n’a clairement pas besoin de ça en plus. D’autre part, le frangin va sans doute bien profiter pour monter encore un peu plus le cran des bêtises à faire (lui en est à se forcer à vomir dans son lit chaque matin). Mais quand j’en parle au service, j’extrapole. J’en ai marre, j’ai tenté de les joindre ce matin, l’educ est en arrêt, la seconde en congés. Merveilleux!

Alors, dites moi, c’est moi qui déraille ou le service fait du grand n’importe quoi avec cette situation?????

Petite précision rapport au fait que le gamin soit chez sa mère plutôt que chez une collègue : Ca n’est pas un souci de manque de personnel disponible, je connais plusieurs collègues qui ont une place vacante dans son secteur scolaire...
#2
C'est leur appréciation du travail d'équipe.

Impossible de communiquer et de se faire entendre.

On voit des situations partir en vrille totale à cause de décisions et d'organisations complètement inappropriées.

Oui, il y a des dysfonctionnements, oui il y a un gros problème au sein de notre secteur de travail.

Oui les choses vont mal et on place les enfants comme on peut puisqu'il n'y a pas d'autres solutions .
Et tant pis pour les répercussions.

Je vis cela au quotidien et malheureusement c'est une trop grosse machine contre laquelle on ne peut rien.
#3
Oh oui madoudou tu es plus que bien placée pour savoir comme on est traitées et considérées et comme le travail d’équipe n’est qu’une belle formule faite surtout pr faire beau sur du papier!!!
Ça m’énerve cette situation, protection de l’enfance qu’ils disent... je suis désolée mais ce que je vois et vis n’y resemble absolument pas!
#4
Euhhhh non là effectivement je n'ai pas l'impression que c'est toi qui déraille ...... Rolleyes Rolleyes
Y-a-t-il eu un changement de composition dans l'équipe éducative? Des arrêts de maladie du côté des référents ? Ca arrive souvent quand ils sont surbookés ......
#5
Alors en effet, elles sont 2 référentes puisque grosse fratrie. L’une est sans arrêt en congés / arrêt, l’autre Ca va à peu près. Mais sinon aucun changement, ce sont elles depuis qq temps maintenant, pas de nouveaux responsables rien... franchement c’est hallucinant cette histoire je n’en reviens pas!
#6
Un énorme dis fonctionnement dans cette situation. C'est invraisemblable et du jamais vu que de confier un enfant à son parent parce que l'af est en arrêt maladie. Ne peux-tu pas faire remonter tout ça au chef de service ainsi que toutes tes observations ? Et rassure toi ce n'est pas toi qui déraille... Mais comment travailler dans ces conditions ? Personne ne prend en compte les dires du grand et l'impact néfaste sur les plus jeunes ? C'est fou. Ne peux-tu pas demander une réunion avec tes collègues af et tous les autres professionnels concernés pour éclaircir ce qui se joue et essayer de trouver une solution commune...?
#7
Doudou84, face à de tels dysfonctionnements, le mieux est de respecter la hiérarchie pour ne pas froisser les suceptibilité de chacun. Autrement dit: tu alertes plus haut et si rien ne bouge, plus haut et si rien ne bouge... plus haut, et si rien ne bouge...plus haut... etc...
En faisant comme ça, tu peux remonter jusqu'au président du conseil départemental si tu travailles pour l'ASE.
Si la communication est compliqué avec ta hiérarchie tu peux aussi te faire accompagner par un représentant du personnel (syndicats si tu es dans le public), ça évite les représailles.
#8
Ah oui jusqu'à la tête du département...

Nos représentants syndicaux se sont manifestés auprès de la présidente du CD pour alerter sur les problèmes rencontrés par les AF.

Et devinez quoi ?

Elle les a renvoyés vers son vice président.


Et ah ah ah, ces mêmes représentants syndicaux lui avaient demandé un entretien il y a cela de longs mois sans aucune réponse de sa part.

La hiérarchie a été respectée, il y a eu des contacts de pris du haut en bas de l'échelle et maintenant arrivé au sommet , çà va redescendre vers la base.

Sans résultats je vous rassure.
J'ai, aussi, expérimenté ce jeu de ping pong, j'en suis toujours au même point. Par contre, je sais très bien maintenant qui ne fait pas quoi.
#9
Madoudou à te lire j’ai l’impression qu’on bosse pour le même CD! C’est pareil ici, tout le monde joue au Ping Pong et se renvoie la balle, ce n’est pas moi c’est lui, et au final rien ne bouge.
Un collègue a àlerte les syndicats de nos soucis et ces derniers n’ont même pas daigné répondre! Autant dire qu’on est bien seuls...

Le comportement de la petite ne s’améliore pas au contraire : elle ne cesse de se faire dessus, et se met à présent à mentir.
J’ai envoyé un mail bien salé sur le coup de la colère hier soir, pour une fois je n’ai pas entendu de me calmer. Je demandais un entretien physique ou téléphonique expressément, aujourd’hui sans faute. Et devinez quoi??? Pour le moment, aucune nouvelle de qui sue ce soit. Pourtant les responsables sont en copie... visiblement il y à mieux à faire que de se préoccuper des soucis rencontrés par les assfam...
#10
Mais ma chère Doudou
regardez bien votre calendrier, nous sommes en périodes de vacances scolaires

donc il n'y a personne
Le temps de revenir, de se remettre au travail -ici 28 heures semaine- et hop on est déjà vendredi et c'est le week-end.
C'est aussi la stratégie de l'évitement qui est extrêmement bien mise en oeuvre, on attend et l'AF finit par se calmer ou trouver des ressources ailleurs.

Les problèmes énurésie/encoprésie je connais.
C'est un sujet tabou pour lequel personne ne vous viendra en aide.
Concernant le matelas, renseignez-vous, avec un certificat médical on peut obtenir un matelas dit "médicalisé" remboursé par la CPAM, reste à charge 2 euro pour nous bien sûr

Souvent c'est en lien avec l'angoisse et l'anxiété ressenti par l'enfant. C'est long et compliqué.